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Mines: Exploitation minière dans la Réserve de Faune à Okapi, des ONGs exigent le retrait de l’autorisation donnée à la société chinoise Kimia Mining,

Par : Alfredo Prince NTUMBA

le 8/9/2021 à 2:24:56 PM

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Les membres de la société civile réunie au sein du Regroupement des ONG œuvrant pour la protection de l’environnement en République Démocratique du Congo, ont saisi la ministre des Mines pour obtenir le retrait de l’autorisation d’exploitation accordée à l’entreprise chinoise Kimia Mining. Dans une correspondance adressée à la Antoinette N’Samba Kalambayi, ces acteurs l’invite également à retirer tout arrêté autorisant l’exploitation minière dans une aire protégée et qui fait naître un conflit des compétences entre les ministères.

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Exploitation minière en RD Congo, (©Photo, droits tiers).

 « La société civile communique son inquiétude sur la détermination et l’abnégation qui animent la société d’exploitation minière KIMIA MINING. Tenue par des chinois qui cherchent à tout prix à exploiter les minerais dans les limites légalement reconnues de la Réserve de Faune à Okapi, un Site du patrimoine mondial de l’UNESCO et qui abrite des espèces menacées de primates et d'oiseaux, et environ 5.000 okapis, sur les 30.000 vivant à l'état sauvage, alors que pareille activité est strictement interdite par les textes légaux en vigueur en RDC », précise la correspondance, dont copie est parvenue à Environews RDC.

Selon ce regroupement des ONG, l’autorisation accordée par la ministre des mines viole l’article 25 de la loi N° 14- 003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature qui stipule que , « Toute activité incompatible avec les objectifs de la conservation est interdite dans les aires protégées. Sous réserve des dérogations prévues par la présente loi, est nul tout droit accordé dans les limites des aires protégées et leurs zones tampon ».

Pour un pays qui s’est lancé le défi de consacrer plus de 15% de son territoire national aux aires protégées, il y’a nécessité pour tous d’agir dans le sens de voir ce pourcentage être atteint, expliquent ces acteurs.

Quant à l’appartenance du village de Muchacha à la RFO, la société civile reste convaincue que ce village fait partie intégrante de la Réserve de Faune à Okapi, tel que soutenu par l’Officier du Ministère Public et les experts de l’ICCN, dans un procès qui oppose l'entreprise Kimia Mining à l’ICCN.

« Ainsi toute exploitation minière y entretenue est illégale et dommageable car susceptible de causer des dommages incalculables aux écosystèmes de la RFO et surtout de corrompre et de déverser des substances toxiques dans les eaux de cette réserve en perturbant l’habitat naturel de plusieurs espèces des faunes et flore, d’où l’importance de décourager toute initiative qui tendrait à favoriser l’exploitation minière dans cette partie », peut-on lire dans ce document.

Ce regroupement des Ongs invite par ailleurs la vice-premier Ministre et Ministre en charge de l’Environnement et Développement durable à s’impliquer en invoquant ce dossier dans le conseil des Ministres afin de rappeler les termes de la loi et l’urgence qui s’impose à la ministre des mines de retirer l’autorisation donnée à la société chinoise Kimia mining, et de cesser toute délivrance d’autorisations d’exploitation minière sur des espaces destinées aux réserves et aires protégées en RDC.

Les acteurs exhortent le président du Tribunal de garnison de Bunia à confirmer la saisie de ces lingots d’or qui témoignent à suffisance la mafia organisée par certaines institutions dans la fuite des capitaux nationaux et l’interdiction immédiate de toute activité minière dans l’espace réservée à la RFO.  

« A Monsieur le Juge du Tribunal de rendre une décision juste et équitable en conformité avec les différents textes légaux, réglementaires ainsi que les engagements internationaux pris par la RDC en matière de protection de l’environnement et de ne pas céder à toute forme de pression politique ou financière », concluent-ils.

Notons par ailleurs que les 193 ONGs signataires de cette correspondance s’indignent de voir le Parc national de de la Salonga être retiré de la liste du patrimoine en péril au même moment que la justice congolaise met en péril un autre de ses sites exceptionnels, menacés par l’exploitation illégale des minerais.

Alfredo Prince NTUMBA

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